Imprimé depuis le site Formindep / publié le mardi 18 février 2014 - par Philippe de CHAZOURNES

Vaccin anti HPV

Le Docteur de CHAZOURNES interpelle les médecins signataires de la ROSP

La droite n’avait pas osé le faire, la gauche l’a fait : la vaccination antiHPV sera bientôt intégrée dans la Rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) [1].

Les médecins ayant accepté la ROSP vont donc magnifiquement redonner un peu d’espoir aux actionnaires des fabricants de ces vaccins, en perte de vitesse depuis les affaires H1N1, Gardasil® etc. Tous les moyens des firmes concernées n’auraient-ils pas été mobilisés pour influencer les plus hautes autorités de la république et permettre de rémunérer les médecins au service de leurs intérêts ? (Lire à ce sujet l’article de Philippe NICOT ici)

Nous vous rappelons qu’à propos de ce vaccin Gardasil® contre le cancer du col de l’utérus :
- les conséquences de la vaccination des jeunes filles sont inconnues et l’efficacité reste à prouver [2] : on risque pourtant de se lancer dans une expérimentation à grande échelle, ce qui pose un problème éthique majeur,
- le Haut Conseil de Santé Publique estime à moins de 20 % son efficacité tout HPV confondus chez les 16-23 ans (les études médico-économiques ont été faites sur la base de 70 % d’efficacité…),
- dans les études de références, il a été testé contre un faux placebo… puisqu’il contenait comme lui de l’aluminium [3] [4], lequel est pourvoyeur de maladies auto-immunes [5] [6],
- la présomption d’effets indésirables graves n’est pas à négliger [7] , sachant qu’il y a toujours des sous-notifications [8], lesquelles peuvent atteindre 90% dans certains pays,
- le fait de vacciner des femmes ayant déjà commencé leur vie sexuelle pourrait augmenter le nombre de lésions précancéreuses sévères [9] [10]
,
- ce vaccin est particulièrement cher et il constitue une dépense extrêmement lourde pour l’Assurance Maladie d’autant que le nouveau plan cancer qui vient d’être présenté, prévoit que son remboursement passe de 65 à 100% et que ce vaccin soit réalisé à grande échelle dans les collèges.
- il a été montré qu’une majorité de femmes pensent que le frottis devient inutile après vaccination [11], conséquence d’un sentiment de protection qui se révèle illusoire puisque le vaccin est beaucoup moins efficace que prévu . Ceci pourrait conduire à terme à une augmentation du nombre de décès par cancer du col, comme l’évoquait déjà le Comité Technique des Vaccinations dès 2007 dans sa séance du 9 mars [12].
- face à cette vaccination, les autorités de santé ont montré que la pratique régulière du frottis seul, a fait la preuve de son efficacité dans le dépistage des lésions pré-cancéreuses pour un coût beaucoup plus modique [13].

Les médecins signataires de la ROSP (jolis mots /maux ayant remplacé ceux de « contrat à la performance » pour édulcorer et rendre acceptable cette notion terrifiante de « performance » en médecine humaine), seront donc très prochainement les petites mains de l’industrie pour vacciner à tout vent et répondre ainsi aux objectifs du contrat qu’ils ont accepté de cautionner.

Imaginez un instant que la ROSP exista lors de l’épidémie de H1N1, quand le Médiator® avait l’AMM, quand le dépistage par le PSA était encore indiqué pour toutes ces prostates qui ne demandaient rien, quand les médicaments anti-alzheimer « devaient » être prescrits largement en cas de troubles de la mémoire. Tout cela aurait été du pain béni pour l’industrie.

Avec la ROSP, 100% des gagnants ont joué !

Une grande majorité de médecins s’est engouffrée dans ce dispositif dans la plus grande indifférence, insouciance, méconnaissance et irresponsabilité au regard d’une santé publique qui a bon dos mais qui ne va pas toujours dans le sens… de la santé du public ! Les médecins seront donc les complices bienveillants de ces scandales futurs et ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes quand enfin, ils ouvriront les yeux, car ROSP ou pas ROSP, les prescripteurs demeurent totalement responsables in fine de leurs prescriptions. Mais comme l y a une carotte à la clef, pourquoi s’en priver ? Comme l’écrit Lanja ANDRIANTSEHENOHARINALA dans sa thèse sur le sujet tout dépend de là où on place le curseur de sa propre indépendance …

Par ailleurs, il va falloir que les médecins signataires du contrat à la performance nous expliquent comment ils osent avoir l’argent du beurre (la prime) sans respecter le contrat qu’ils ont « signé » (engagement à respecter les objectifs), et oser dire qu’ils ne feront que ce qui leur parait utile… Un peu facile et léger tout de même ! Car voilà une malhonnêteté intellectuelle qui ne peut tromper personne.

Les objectifs actuels de la ROSP allant changer, la nature même du contrat devient caduque. Il doit donc être renouvelé car il n’a jamais été question que la ROSP était un blanc-seing quels que soient les nouveaux critères inclus dans les objectifs à réaliser ; n’importe quel avocat se fera un plaisir de le confirmer.

Même si en théorie on ne peut revenir sur son adhésion (ce qui reste à vérifier puisque l’acceptation de ce « contrat » sans signatures, s’est faite… par omission !), nous invitons toutes les personnes concernées, voyant là un acte malveillant et trompeur de la caisse, à le dénoncer en demandant de sortir du dispositif ROSP par lettre recommandée avec AR à leur caisse d’assurance maladie.

Tout cela est pitoyable et pourtant tout était écrit d’avance. Certains leaders syndicaux se pensant représentatifs de la communauté médicale ont mis dans le pétrin bon nombre de soignants, en signant pour eux l’inconcevable avec leur partenaire conventionnel. Il ne faudra pas ensuite s’étonner que les patients se détournent des médecins pour aller voir ailleurs…

Dr Philippe de CHAZOURNES, membre du conseil d’administration du Formindep sans lien ni conflit d’intérêt, ni avec l’industrie, ni avec l’assurance maladie

Pour en savoir plus : voir sur le site de Medocean


[1La ROSP est un dispositif qui permet ainsi à un médecin généraliste de toucher une rémunération de 9100 euros/an s’il atteint l’ensemble des objectifs dits de « santé » « publique » dont la vaccination antigrippale chez 80% des personnes âgées, le dépistage mammographique du cancer du sein pour 80% des femmes éligibles, l’observance de certains traitements...

[12Avis du Comité Technique des Vaccinations et du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, Séance du 9 mars 2007, p. 4 : « il serait possible que, si les femmes vaccinées se faisaient moins dépister, l’incidence et plus encore la mortalité du cancer du col de l’utérus augmentent, le vaccin n’étant pas efficace vis-à-vis d’environ 30% des cancers ».

[13GROUPE DE TRAVAIL SUR LA VACCINATION CONTRE LES PAPILLOMAVIRUS-COMITE TECHNIQUE DES VACCINATIONS-CONSEIL SUPERIEUR D’HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE-23 mars 2007. Page35 : « La mise en place d’un dépistage organisé dans certains pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, et Suède) a permis une diminution importante (jusqu’à 80%) de l’incidence et de la mortalité de ce cancer. »