Imprimé depuis le site Formindep / publié le samedi 1er janvier 2005 - par Philippe FOUCRAS

Bonne année !

Premier janvier, mois de Janus au double visage. Je regarde donc fugacement en arrière vers l’année écoulée, et c’est bien le Formindep que je vois émerger parmi les trop rares initiatives qui ont contribué à apporter vent frais et espoir dans un paysage médical français déchiré, bousculé, malade.

Ailleurs vieilles recettes, archaïsmes ou régressions éthiques et sociales semblent hélas constituer l’essentiel du décor.

Certes le Formindep n’a été cette année qu’un minuscule détail de ce paysage, comme une petite pousse au milieu d’une vaste prairie. Mais il est là, présent et reconnu parmi ce champ en culture de l’indépendance de la profession, avec nos partenaires et amis rencontrés aux états-généraux de la formation médicale indépendante en octobre : le SMG, Prescrire, le SNJMG, la SFTG, et d’autres encore.
Et ce sont les 142 membres actuels qui pourront dire dans les années à venir : nous étions là, au début.

Regardons maintenant 2005.
L’avenir de la médecine et de son indépendance passe par les patients et les citoyens. L’état de compromission actuel de la profession est tel que nous risquons de rapidement plafonner notre présence au sein de la profession ou de nous heurter trop brutalement aux intérêts mercantiles et aux conflits de pouvoir.
Le changement ne pourra venir que de la pression de l’extérieur, c’est-à-dire des patients.

Le Formindep commence à susciter un réel espoir chez les patients. L’espoir qu’enfin les médecins retrouvent leur vraie mission qui est celle de la proximité et de l’engagement au service des seuls patients, individuellement et collectivement. L’espoir que le fossé creusé au fil du temps par l’arrogance médicale nourrie par le tout technologique, par les progrès de la médecine, par cet esprit de caste que nous avons tous reçu de nos maîtres et dont nous avons tant de mal à nous défaire, l’espoir que ce fossé commence à se combler. L’espoir que les patients puissent retrouver dans les médecins cette humble pratique, à la fois rigoureuse et scientifique mais toujours prête à se remettre en question, tournée vers un seul et unique objectif : celui de l’intérêt de l’homme souffrant.

Non, pas d’altruisme débridé au Formindep. Les soignants qui y participent savent bien que ce n’est qu’en se recentrant davantage et toujours plus sur le coeur de leur mission qui est celle de la prise en charge soignante des patients, qu’ils y trouveront eux-mêmes leur épanouissement et la nécessaire reconnaissance humaine et professionnelle à laquelle ils ont droit comme tout un chacun.

Le Formindep porte, avec d’autres mouvements professionnels, cette crédibilité renouvelée de la médecine et des soignants auprès de la société.
C’est à mon avis ce chemin-là qui s’ouvre à nous pour 2005. Le prendre va nécessiter sûrement davantage de présence et d’engagement de chacun de nous.

Ce n’est certes pas le grand soir qui est au bout de ce chemin, mais juste un peu plus de fierté et de plaisir personnel et collectif, de n’avoir pas nui à la société, à la médecine, à nos patients, à nous-mêmes.
Primum non nocere (d’abord ne pas nuire) : c’est cet objectif paradoxalement humble et ambitieux, à l’image du Formindep sans doute, que je nous souhaite à tous pour 2005, tant humainement que professionnellement.